L’actualité universelle de début 2016 !

Soyez au point sur toutes les dernières actualités du domaine de l’exploration de l’espace avec le retour des news aérospatiales !

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Ces derniers temps, beaucoup d’annonces ont secouées le (petit) monde de l’aérospatiale. Nous les avons donc épluchés pour vous, comme au bon vieux temps. Bonne lecture !

Un demi-échec pour SpaceX

Le 17 janvier dernier, fort de son succès de décembre (NDLR : pour rappel, SpaceX avait réussi pour une première mondiale à faire atterrir le premier étage de Falcon 9 au sol entier), l’entreprise privée a voulue réitérer l’essai, cette fois-ci pour le lancement du satellite météorologique de télémétrie (NDLR : relevé régulier du niveau des océans dans le cadre de la surveillance du réchauffement climatique), Jason-3. Le tir a eu lieu à la base de Vandenberg aux Etats-Unis. La mise en orbite avec le second étage du lanceur s’est parfaitement déroulé, et le satellite est actuellement en ajustement de trajectoire pour rejoindre son orbite de travail finale proche de Jason-2.

Ce qui nous intéresse plus particulièrement, c’est le retour au sol du premier étage, plus précisément sur une barge, qui soulignons le, est en mouvement à cause de l’eau, contrairement au succès de décembre 2015. L’approche du lanceur, comme vu dans la vidéo, est parfaite, le lanceur est droit, il n’y a aucune vitesse horizontale et la vitesse de descente est très faible. Une fois posé, malheureusement un problème d’une tout autre nature apparaît : l’un des pieds ne se verrouille pas et entraîne la chute, puis l’explosion de la fusée. Les médias s’en emparent et titrent « 3 ème échec pour SpaceX ! », alors que la société à déjà fait le plus dur, à savoir la manœuvre d’atterrissage, ce n’est qu’un problème mineur qui a provoqué l’accident, par rapport à l’essai calamiteux datant d’avril 2015. Une preuve du manque de discernement des médias ?

La surface de Bételgeuse photographiée

Vous connaissez sûrement Bételgeuse, l’une des étoiles les plus brillantes de la constellation d’Orion. C’est aussi l’une des plus grosses étoiles connues, avec un diamètre dépassant 1,4 milliard de kilomètres (NDLR : pour l’échelle, le diamètre de notre Soleil est mille fois plus petit !), et une très forte luminosité. C’est pour ces raisons que l’étoile a été sélectionnée par une équipe d’astronomes de l’Observatoire de Paris pour la première observation de la surface d’une autre étoile que le Soleil. La photographie a été prise à l’aide du Very Large Telescope au Chili en novembre 2015, qui possède un miroir de 8 mètres de diamètre, crucial pour un tel niveau de précision. On peut assez facilement distinguer les panaches de gaz de l’étoile elle même, mais la faible résolution du zoom empêche toute observation approfondie. C’est donc un cliché inédit dans l’histoire de l’observation des étoiles par les êtres humains.

Bien que pixelisée, l'image est un exploit technique accompli par le VLT fin 2015 !

Bien que pixelisée, l’image est un exploit technique accompli par le VLT fin 2015 !

Bételgeuse est une supergéante rouge d’une masse de 20 masses solaires. Elle arrive à la fin de sa courte existence, dix millions d’années (une poussière à l’échelle de l’univers) et devrait finir en hypernova dans quelques milliers d’années lorsque l’équilibre entre la gravité et les réactions nucléaire en son noyau sera brutalement rompu par l’épuisement de son hydrogène, élément léger nécessaire pour la fusion atomique. L’hypernova résultante sera facilement visible dans le ciel à l’œil nu, voire en plein jour. Tout ce qui restera alors de Bételgeuse sera un trou noir stellaire suite à l’effondrement sur eux mêmes des restes de l’astre.

Blue Origin réussit son deuxième atterrissage

Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, s’est lui aussi lancé, à l’instar d’Elon Musk, dans le domaine de la fusée récupérable. Sa société Blue Origin, souhaite ainsi fortement baisser les coûts du tourisme spatial, ses objectifs se différencient donc quelque peu. Il s’agit d’envoyer au delà de la frontière internationale entre l’atmosphère et l’espace (NDLR : 100 kilomètres) une capsule pouvant véhiculer 5 touristes à l’aide d’une fusée entièrement réutilisable, New Shepard. Ce dernier, développé entièrement par la société, est un lanceur sub-orbital d’une masse totale de 40 tonnes, propulsant donc à la verticale la capsule avec son unique moteur. Une fois la capsule larguée, le lanceur entame une phase de rentrée atmosphérique douce (la trajectoire étant une chute droite vers le sol l’étage n’endure pas de forte résistances de l’air) puis une fois à une altitude de l’ordre de quelques kilomètres rallume son moteur fusée pour ralentir et ajuster sa trajectoire vers le site d’atterrissage. Une fois proche du sol la poussée est modulée à un quart de la puissance maximale pour permettre un atterrissage en douceur au sol, après un temps de vol d’une dizaine de minutes.

Bien que le lanceur n’atteigne pas la difficulté de SpaceX, car le lanceur est plus petit, plus léger, et surtout sans suivre une trajectoire aussi complexe après la séparation, l’exploit peut tout de même être salué, car les deux essais se sont correctement passés, avec la même fusée, le 23 novembre 2015 et le 22 janvier 2016. C’est donc la première fusée réutilisable de l’histoire de l’exploration spatiale (si on fait l’exception de la feu Navette Spatiale Américaine).

Une neuvième planète dans le système solaire ?

L’annonce de l’équipe d’astronomes américains a fait le tour de la Terre. Et pour cause, cela fait 50 ans que les chercheurs s’échinent en vain à trouver cette planète « X » au delà de l’orbite de Pluton. À cette distance, l’observation devient difficile, la lumière reçut du soleil devient très faible, diminuant de beaucoup l’éclairement de la planète, et la taille apparente d’une planète devient surtout très petite. L’hypothèse de l’équipe vient en fait d’une simulation informatique. En effet, ils ont remarqués que les orbites elliptiques de plusieurs petits corps transneptuniens étaient très proches, et une simulation a été conduite. Les résultats indiquaient qu’il y avait plus de 99% de chances que les trajectoires des objets soient en réalité déviées par un astre massif proche d’eux, donc une neuvième planète (de très grandes chances gazeuse) de 10 masses terrestres resterait à découvrir.

Cette technique ne date pas d’hier, elle fut utilisée en 1846 (les calculs étaient fait à la main et pas informatiquement) par Urbain Le Verrier pour découvrir Neptune en observant des anomalies de l’orbites d’Uranus. Néanmoins, Le Verrier essaya sans y parvenir à trouver la planète hypothétique Vulcain qui devait provoquer l’avancée du périhélie de Mercure, qui fut néanmoins expliquée par la relativité générale, plus précise que la gravitation newtonienne. D’après les calculs, la planète n°9 aurait un périhélie à 200 UA (une UA étant la distance Terre-Soleil) et un aphélie à 1200 UA, donc une orbite très excentrique, mais rien n’est sûr à propos de sa trajectoire actuellement. Sa période orbitale serait entre 10 000 et 20 000 ans. En tout cas si cette planète existe réellement, ce n’est pas demain que nous enverrons une sonde vers elle, avec une durée de transfert estimé entre 50 et 300 ans !

Nous espérons que vous avez apprécier cet article, n’hésitez pas à nous donner votre avis dessus, et d’ici à la prochaine fois, fly safe !

17 réflexions au sujet de « L’actualité universelle de début 2016 ! »

  1. Il y a donc de fortes chances que notre système compte une cinquième géante gazeuse ? Si c'est le cas, sera-t-elle considérée comme étant une planète de notre système au vue de sa distance ? Quelles justement sont les caractéristiques qui font d'une planète un "membre" du système solaire ? Va-t-elle être nommée en accord avec la tradition astronomique ? Désolé pour toutes ces questions mais ça soulève en moi une excitation pas banale, j'espère que quelqu'un pourra m'y répondre avec quelques explications :')

    Bel article, lisible et précis.

  2. L’Iroquois, une planète est reconnue comme telle si :
    -Elle est en orbite autour de son étoile
    -Elle possède une gravité suffisamment forte pour être de forme sphérique
    -Elle a dégagée son voisinage de corps voisins

    C’est sur ce dernier point que Pluton s’est planté :P
    Ouais Daki moi aussi ça m’avait énervé donc j’en ai profité pour écrire une petite pique :twisted:

  3. Pluton s'est plantée parce-qu'elle orbite avec Charon autour d'un barycentre commun ? C'est éliminatoire ? Dans le cas de deux corps orbitant autour d'une étoile, disons deux Super-Terres, de forme sphérique, orbitant elles aussi comme le couple Pluton-Charon (en admettant que cela soit possible), alors ce ne serait pas des "planètes" de ce système stellaire ?

    Pour SpaceX c'est dommage de les descendre comme ça, ils ont de bonnes initiatives. Quand a Blue Origin, j'ai hâte de voir ce que ça va donner =D

  4. je verrais bien une géante gazeuse dans ksp, tellement éloignée du soleil qu’il ne serait possible de l’intercepter qu’au point le moins éloigné de son orbite.
    On pourrait ensuite se mettre en orbite avec l’aérofreinage puisqu’il s’agirait d’une géant gazeuse.
    sinon merci pour ce bel article et pour la résurrection de cette serie kerbalator :)

  5. Non, mais parce qu’elle fait partie de la ceinture de Kuiper si je me souviens bien, et est donc en orbite proche avec de nombreux autres petits corps (Hauméa…), aucuns rapports avec Charon et leurs barycentre commun :p

    Yep mais faut croire que les dévs l’ont oubliés xeno, après faut voir si il y aura une suite :)

  6. Jolie article on en redemande.

    A prendre avec des pincettes cette histoire de 9 planète, on sait depuis 30 ans par mathématique que certaines orbites ne sont pas à leurs places dans le système solaire et qu’un(des) élément(s) les perturbe mais jamais découvert.
    Ce scientifique Mr Mike Brown à déposé une étude et les journalistes se sont vite emballés.
    Des scientifiques français pourrait justement contredire cette étude prochainement.

    Source: Ciel et espace (je ne sais pas si on peut mettre des liens)

  7. Non, mais parce qu’elle fait partie de la ceinture de Kuiper si je me souviens bien, et est donc en orbite proche avec de nombreux autres petits corps (Hauméa…), aucuns rapports avec Charon et leurs barycentre commun :p

    Merci, je comprend mieux ! x)

  8. Yep356 a écrit :Jolie article on en redemande.

    A prendre avec des pincettes cette histoire de 9 planète, on sait depuis 30 ans par mathématique que certaines orbites ne sont pas à leurs places dans le système solaire et qu’un(des) élément(s) les perturbe mais jamais découvert.
    Ce scientifique Mr Mike Brown à déposé une étude et les journalistes se sont vite emballés.
    Des scientifiques français pourrait justement contredire cette étude prochainement.

    Source: Ciel et espace (je ne sais pas si on peut mettre des liens)

    Oui tu peux, et comme je viens d’aller voir je le met pour toi! :D
    http://www.cieletespace.fr/node/20546

    En tout cas, la meilleur preuve serait de l’observer directement (même si c’est pas simple avec les moyens actuels, et qu’il faudra quand même chercher un peu) mais d’ici 2020 on devrait être fixé grâce aux télescopes.

  9. Merci pour les news :)

    Sinon, je n’ai pas bien compris aussi les critiques sur SpaceX, surtout qu’en final ils ont déjà réussi à le reposer au sol, après sur une barge peut importe … surtout que de ce que j’avais compris, ils ont décollés d’une base militaire et n’ont pas le droit de s’y reposer … donc il tente de se poser sur une barge, rien que la méthode moi je trouve que c’est une prouesse … Les journalistes essaient toujours de faire le buzz pour vendre leurs journaux, ça tue l’information (rien que les titres racoleurs, personnellement, ça me donne de moins en moins envie de les lires).

    Pour le truc de Blue Origin, mouais franchement le tourisme spatiale (même sur KSP :P ), ce n’est pas pour moi :D .

    J’oublierai tout le temps que Bételgeuse c’est une étoile … j’aurais toujours plus de facilité à repenser au film (malgré que je ne l’ai jamais vu).

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